LE DERNIER LIVRE DE RAPHAËLLE BACQUÉ

Publié le par Léon Salers

 

Le moins que l’on puisse dire du dernier livre de Raphaëlle Bacqué(1),  journaliste au Monde, est qu’il est fort bien écrit. En effet, une fois ce dernier commencé, l’on ne vaque à d’autres occupations qu’une fois celui-ci achevé. Cela étant dit, il faut bien noter qu’on ne résiste pas au besoin de s’interroger, une fois le livre refermé, sur l’intérêt que peut revêtir, pour le lecteur, l’histoire de cet homme profondément pitoyable qu’était François de Grossouvre, sorte de « ministre de la vie privée » de François Mitterrand. Que ce Père Joseph de vaudeville n’ait trouvé d’autre issue à sa souffrance que celle consistant à se faire un jour sauter le caisson en plein cœur de l’Elysée, c’est bien triste, c’est vrai, pour tous ceux qui restent : la famille, sa maîtresse, les chevaux, etc. Mais au fond, la mort de cet homme, à l’heure où grondent d’inquiétants orages, menaçant de nous rendre à tous la vie intenable, n’a-t-elle pas toutes les qualités requises pour nous indifférer ? Bien évidemment ! Mais pourquoi, alors, se retrouve-t-on quand même captivé par le récit de la descente aux enfers de ce suicidé que l’on était tous, ou presque, sur le point d’oublier ? Le seul intérêt que l’on peut trouver au livre de Raphaëlle Bacqué réside peut-être dans la réponse que chacun d’entre nous ferait à une telle question. Mais pas sûr, alors, que cela vaille la peine de se séparer de dix-huit euros, que l’on pourrait utiliser à meilleur escient…

 

                                                                                   Léon Salers

 

 (1) Raphaëlle BACQUÉ, Le dernier mort de Mitterrand, Grasset/Albin Michel, 2010, 238 p, 18 €

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